Influences musicales

Notre répertoire est principalement inspiré de la musique du Nordeste et de Salvador de Bahia :

  • La ciranda

cirandaDanse populaire chantée, d’origine portugaise, on pense que le terme Ciranda vient du catalan zaranda, qui est un ustensile pour tamiser la farine. Présent dans tout le Brésil, la Ciranda est apparue sur le littoral nord. La Ciranda a son domaine de prédilection dans l’univers infantile de danse de ronde, mais existe surtout comme ronde d’adulte dans le Pernambuco. Dans le sud du Minas Gerais et dans l’état de Bahia, elle est aussi connue sous le nom de Serandina, une forme de la Seranda Minhota, pratiquée au Portugal.

Cette danse populaire ne fait aucune distinction de sexe, d’age, de couleur, de condition sociale ou économique des participants, les « cirandeiros ». Le nombre de « cirandeiros » n’est pas limité, n’importe qui peut participer. Elle commence comme une petite ronde augmentant en fonction des personnes qui ouvrent le cercle puis tiennent la main de ceux qui sont déjà en train de danser. Quand la ronde devient trop grande, d’autres rondes se créent à l’intérieur de la première.

https://www.youtube.com/watch?v=FpNmszTpKHM

  • Le coco

cocoDanse populaire de ronde, le Côco est traditionnellement accompagné d’un chant et d’instruments de percussions comme le pandeíro, le ganza. Le rythme est marqué par des claquements de mains et le claquement des sandales en bois sur le sol.

Son origine serait liée au travail des noirs de Palmares, occupés à la tâche de casser les noix de coco, créant un chant rythmé par la cadence des pierres coupant le fruit. On reconnaît aussi une influence indienne à sa formation, dans la disposition chorégraphique de ses danseurs, formés en ronde avec un soliste en son centre. Présentant une multitude de variétés, les Côcos peuvent prendre le nom du lieu où ils sont exécutés (Côco de praia : Côco de plage, Côco de usina, etc.), des instruments utilisés (Côco de ganza, Côco de zambê, etc.), de la forme de ses textes (Côco de 8, Côco de 10).

Du point de vue musical, les Côcos se présentent généralement en mesure de 2/4 ou 4/4, en une forme couplet/refrain, un couplet chanté en solo et le refrain en coeurs, en réponse au soliste appelé « Tirador de Côco » ou « Coqueiro ».

Connu depuis la seconde moitié du 18e siècle, le Côco était dansé dans les salons d’Alagoas et du Paraíba, accompagné de la cithare.

Traditionnellement, la danse est présente lors de la construction de maisons en boue et en paille. Le propriétaire de la maison invite les gens de la communauté à un Côco, pendant que les gens dansent, chantent, la boue est tassée par les pieds battant le sol.

https://www.youtube.com/watch?v=kZgDNIgFr0w

  • Le maracatu

Bloco_de_maracatu_-_olindamaracatuLe Maracatu Nação (ou le Maracatu de Baque Virado) désigne un style de musique, de danse et de manière générale un type de cortège, de cérémonie. Il est originaire du Pernambuco et existe essentiellement à Recife et Olinda.

A l’époque de la colonisation portugaise du Brésil, à partir du 16e siècle, les esclaves noirs sont débarqués en masse dans le Nordeste pour cultiver la canne a sucre, pour le compte des colons. Les esclaves déracinés se regroupent naturellement selon leurs origines, leurs traditions et leurs tribus : bantous et surtout angolais dans la région de Recife. Ils forment ainsi des « nations » (« nação » en portugais).

 Les grands seigneurs portugais, soucieux d’organiser ces groupes d’esclaves pour plus de discipline, laissent la liberté aux noirs de nommer un leader dans chacune de ces nations. Celui-ci devenant le principal interlocuteur des portugais.

Les noirs imitant la tradition des rois du Congo, organisent alors une cérémonie et un cortège pour la consécration de ces leaders. Ce cortège, appelé Maracatu, est composé de nombreux personnages, le roi, la reine, la princesse, le prince, le comte, la comtesse, l’ambassadeur, le duc, la bahianaise, etc. Il s’inspire d’une cour royale portugaise du temps colonial mais mélange aussi les références aux cultes afro-brésiliens, au candomblé et aux orixas. A la fin du cortège, un batuque (groupe de percussions) anime la cérémonie au son de tambours et de cloches.

 Depuis la fin de l’esclavage, les groupes de Maracatu continuent à exister et défilent pendant le carnaval dans les grandes villes du Nordeste.

https://www.youtube.com/watch?v=fTO3-5itQPI

  • Le samba reggae

Carnaval-ile-aiye-0001Ensaio-do-olodumNé au Brésil dans les années 70, à Salvador de Bahia exactement, se samba-reggae est une rencontre de la samba, des rythmes caribéens et de la musique issue du Candomblé, la principale religion afro-brésilienne, de culture Yoruba.

A l’image des mouvements d’émancipation de la conscience noire aux Etats-Unis ou en Jamaïque, les Blocos Afro de Salvador, où la densité d’afro brésiliens est la plus importante, deviennent le symbole et l’expression de la fierté du peuple noir.

Deux grandes écoles de samba-reggae (ou Blocos Afro) se distinguent à Salvador, Ilé Aiyé et Olodum. Ilé Ayié voit le jour en 1974, quelques années avant Olodum, et véhicule un discours assez radical interdisant son accès aux blancs et aux métisses.

De ces blocos afro naîtra le carnaval de Bahia, fierté du peuple bahianais au même titre que le carnaval de Rio. Ces deux emblèmes du samba-reggae (puis d’autres par la suite, comme Dida, groupe exclusivement féminin) se sont aussi données une mission éducative et sociale. Ils ont ainsi crée des écoles et des centres sociaux ouvrant ainsi l’accès au savoir à des jeunes issus des favelas ou des quartiers pauvres.

https://www.youtube.com/watch?v=-2No01KfY4k

https://www.youtube.com/watch?v=s3ICRp5KAsI

  • Le samba enredo

rioBRAZIL-CARNIVAL-RIO-PARADE-MANGUEIRALittéralement samba du « thème », le samba enredo fait partie des chansons du carnaval de Rio (Brésil). Le samba de enredo a succédé aux valses et marches qui accompagnaient au début du XIXe siècle les festivités du carnaval à Rio de Janeiro.

Quand la rythmique du samba gagne la rue, les premières organisations carnavalesques de quartier, cordões et blocos, cèdent la place aux écoles de samba. Depuis les années 1920, le répertoire du samba enredo est devenu énorme, alimenté par la contribution d’une foule d’écoles de samba.

Chacune présente en effet sa chanson annuelle sur un thème défini (enredo = genre) lors du carnaval, compétition qui a lieu en février dans le sambodrome ou dans l’avenue Rio Branco. Avec les années, une forme de texte s’est généralisée, la structure « couplet-refrain-couplet-refrain », constituant le modèle idéal de chanson du carnaval.

https://www.youtube.com/watch?v=HtWSxmOt9P4